Le blog du NPA82

Après le vote du budget 2012 du Conseil régional Midi Pyrénées

3262250047 9709206ff0 oTriste journée du 22 décembre. Malgré l'adresse du NPA Midi- Pyrénées aux élus de gauche du Conseil Régional, (adresse relayée par  le NPA82 et visible sur notre blog), pas un  seul  d'entre eux n'a voté contre, ni même s'est abstenu  lors du vote du budget le 22 décembre 2011.
C'est par 69 voix qu'il a été approuvé : 36 PS et républicains, 11 PRG, 15 EELV et 7 Front de Gauche : http://www.midipyrenees.fr/Budget2012


 Ce budget 2012 a été voté en conclusion des délibérations en plénière, au   cours desquelles, ligne budgétaire après ligne budgétaire, les élus  se sont prononcés en pour ou contre les amendements proposés par les   groupes (1).
Les 13 votes contre sont ceux des élus de l'UMP, les 9 abstentions sont celles des dissidents de l'UMP, l'opposition de droite au Conseil  Régional.
Ce budget libéral a était décrit, propos recueille par la Dépêche, comme «un budget réaliste et raisonnable» par Gérard Trémège, président du groupe d'opposition « Républicains et territoires » composés d'élus UMP et apparenté.


Il est légitime de nous poser la question : existe-t-il une opposition de gauche et écologiste au  social-libéralisme au Conseil Régional Midi-Pyrénées ?


Les élus d’EELV et du Front de Gauche, malgré leur vote contre et abstention à la commission  permanente du 29 septembre sur le financement de la LGV Tours- Bordeaux (2), malgré leurs réserves sur les aides et subventions aux «entreprises» (3), sur la mise sous conditions de ressources du  chéquier-lecture qui enterre la promesse électorale de la gratuité des manuels scolaires dans les lycées, et sur le financement des lycées privés (comme le lycée Théas à Montauban) (4),  se sont reniés face à l'argument  massue de la «solidarité de gestion» réclamée par Martin Malvy.
Pire ces même élus ont approuvé l'accompagnement par la Région de la politique de Sarkozy : faire passer l'apprentissage de 500 000 à 800 000 jeunes, ce dont Martin Malvy s'est félicité récemment, se glorifiant  que Midi-Pyrénées avait franchi les seuils de 30 000 apprentis et  de  1 000 pré-apprentis, des enfants des classes populaires de 15 ans sortis de l'enseignement général obligatoire jusqu'à 16 ans ! Un «progrès» qui a fait l'objet d'un avis négatif au CESER !
Ne nous a attardons pas sur la destruction de la politique culturelle en Midi Pyrénées avec la liquidation de l’ARDT, du théâtre de la Digue (et la vente aux enchères de sa bibliothèque), etc… La liste est trop longue et la démonstration suffisamment faite.
Toutes ces réserves et les amendements déposés auraient dû amener les élus d’EELV et surtout du Front de Gauche à voter contre ou s'abstenir sur le budget global  de la Région Midi-Pyrénées, comme l'ont fait en plénière de la Région Limousin, le 15 septembre, les six élus Limousin Terre de Gauche qui ont aussi mené bagarre par amendements sur la LGV, l'enseignement privé, la hausse de la TIPP, la «moralisation» des  aides et subventions aux patrons, etc... (6).


Les belles promesses de radicalité n’engagent que ceux qui y croient.


Nous militants du NPA82 qui œuvrons depuis des semaines pour un rapprochement et qui pensons qu'il est encore  possible de trouver un terrain d'entente électoral avec le Front de Gauche82 pour les législatives 2012, nous posons cette double question :
Les élus du Front de Gauche soutiendront-ils les politiques d’austérités d’un gouvernement de  « gauche », comme ils soutiennent les mesures antisociales du Conseil Régional Midi Pyrénées ? Ou peuvent-ils constituer un point  d'appui pour construire une opposition de gauche, un «bloc de gauche  anti-crise» en toute indépendance d’un PS social libéral ?
Les réponses négatives d’un engagement formel de ne pas voter ni participer à la politique que mènerait une majorité dominée par le Parti Socialiste a servi de prétexte à repousser toutes les avancées, vers un consensus, proposées parfois du bout des lèvres, nous le concédons, par le NPA. Sur cet écueil se sont brisées les tentatives de présenter un front uni garantissant la mise en place d’une réelle politique critique face à une majorité social-libéral.
Nous croyons que toute perspective d'alternance se plaçant sur le terrain de l'accompagnement et de la gestion loyale du système capitaliste, ne peut pas constituer une réponse à la hauteur des enjeux et ne représente donc pas l'alternative que nous entendons construire  avec nos formations politiques respectives.

A  Montauban le 09 janvier 2012.

(1)    ) il en est toujours ainsi dans les assemblées plénières des  collectivités territoriales qui décident de leur budget pour l'année à venir. Les élus discutent et votent les amendements, puis votent le budget global.
(2)    S'agissant de la LGV, les élus EELV et Front de Gauche ont voté  contre le financement du tronçon Poitiers-Bordeaux (100 M€ jusqu'en   2009, soit 12,5 M€ en moyenne par an), le Front de Gauche sans  mettre en cause la pertinence de la LGV sur le plan écologique, ne  critiquant que sa mise en concession privée («Tout en approuvant le  principe de la Ligne Grande Vitesse, c’est la raison pour laquelle,  comme EELV, nous ne voterons pas cette ligne» [Marie Pierre Vieu- présidente du groupe Front de Gauche au conseil régional]).
(3)     S'agissant des aides et subventions aux «entreprises» (103 M€ au  budget 2012), motus et bouche cousue sur le « détournement » de l'argent  public dans les poches des actionnaires des grands groupes 
industriels et financiers de la région, et approbation dès lors la majorité régionale a accepté «le  principe d’étudier les conditions de la mise en œuvre d’un  dispositif de mobilisation d’un crédit favorisant les entreprises  s’engageant dans une démarche sociale et environnementale» [MPV].  Martin Malvy s'est engagé à «étudier le principe» d'une moralisation du  capitalisme régional. L'essentiel pour les élus du Front de Gauche est que la Région maintienne son haut niveau de financement des pôles de  compétitivité, malgré la réduction des dotations de l'Etat. C'est ce  qu'elle énonce dans cette formule langue de bois : «Nous considérons  comme très important et c’est avant tout ce qui motivera notre vote   du budget, le fait que la région Midi-Pyrénées refuse d’entrer dans  une logique d’austérité et d’abandonner le haut niveau  d’investissement qui est le sien» [MPV]
(4)     S'agissant du PRDF (plan régional de développement des formations), les élus Front de Gauche ont voté contre le financement des établissements privés, porté au-delà des «obligations légales»  par Malvy, déposant un amendement pour la réaffectation de 3 M€, ont demandé le maintien du dispositif chèque-lecture égal pour tous les  lycéens, sans faire de l'objectif de la gratuité de l'enseignement  un point de principe l'amenant à ne pas voter le budget global. Le  groupe EELV s'est abstenu sur l'amendement Front de Gauche.
(5)    «De même, je ne peux que   souligner l’effort constant de la région dans les lycées, son choix   d’accompagner à haut niveau l’apprentissage en même temps que celui   d’initier un panel de mesures de soutien social aux jeunes et à leur   famille.» [MPV]
(6)    http://terredegauche.fr/index.php?option=com_flexicontent&view=items&cid=30:seances-plenieres&id=126:seance-pleniere-du-15-decembre-des-orien

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