Le blog du NPA82

ARDT : la vente aux enchères sabotée!!!

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Mardi 15 novembre, 9h30, avenue de Fronton à Toulouse,

 

 Déjà pas mal de monde se presse sur le parking de l’Association Régionale de Diffusion Technique (ARDT). La vente aux enchères du parc public de matériel technique de l’ARDT n’a pas encore commencé ; cela ne devrait pas trop tarder.  Les commissaires-priseurs sont là, confortablement assis sur leurs chaises, accoudés à un bureau qu’on a juché sur un praticable, bourreaux tranquilles d’une mise à mort depuis longtemps programmée ; les juges Malvy et Salomon eux n’ont pas daigné se déplacer.

Des mains anonymes tiennent des feuillets blancs, listing du matériel mis en vente, 27 ans de mutualisation détaillés article par article ; certains regards jugent  le matériel exposé sous les hangars, de petits conciliabules se tiennent de toutes parts ; une impression de « ne pas y toucher » flotte dans l’air. Légèreté et tristesse se côtoient.

 Tout le monde attend le signal de la curée. La tragédie va cependant tourner en farce !

Debout sur le même praticable que les commissaires-priseurs, un mégaphone à la main, un faux adjudicateur démarre une fausse vente aux enchères… celle du panneau de L’ARDT… celui de la photo, en bois peint avec ses stickers.

1 centime, puis 2, puis 10, qui dit 1 euros … tout le monde se prend au jeu dont quelques acheteurs qui se disent qu’il faut bien en passer par là, c’est bon enfant et puis à nous aussi ça nous fait un peu de peine .

 10 minutes, puis 30, puis 1 heure, les enchères continuent à monter et les humeurs elles s’échauffent : « bon ça va durer longtemps ? », « je viens de loin», « moi je bosse et puis des boites il s’en ferme tous les jours ! ».

Les commissaires-priseurs voient le temps défiler et leur commission s’envoler ; ils se lèvent, s’éloignent, se concertent, reviennent, téléphonent, et décident subitement d’essayer de démarrer la vente un peu plus loin, toujours poursuivis par l’homme au mégaphone et le petit groupe des empêcheurs de vendre en rond.

40 euros, 50 euros… une dame surenchérie même par téléphone à 300€. Générosité envers Malvy et Salomon pour qui la culture à un (vil) prix ou placement spéculatif, ce panneau étant la dernière preuve d’une politique culturelle radicale socialiste ? Nul ne le saura jamais.

La valeur de l’argent à disparue, seul le symbole perdure. 666 euros, 1515, je dis 1789, non c’est mieux 1792… 1793 c’est bien la terreur ? Salomon tremble ! 1848 euros, on s’approche dangereusement de 1871…  Malvy lui s’est déjà replié sur Versailles !

Ça tire la gueule de partout ! La farce tourne au tragique !

Les commissaires-priseurs s’essaient à une dernière tentative, ils veulent démarrer LEUR vente aux enchères, celle de NOTRE matériel que l’on a tous payé comme usager ou comme contribuable. Ils appellent la police… qui finalement arrive mais ne peut rien faire, le terrain est privé, il y a trop de monde à faire dégager et puis il n’y a «pas de vague » comme ils disent. Les commissaires-priseurs invectivent la foule goguenarde soutenus par les plus vautours des acheteurs ou peut être les moins patients. La foule leur répond par une gigue au violon et par un solo de sirène de mégaphone. Dépités et voyant sans doute l’heure du déjeuner arriver, ils abandonnent, vaincus… et s’en vont sans un au revoir.

 Les acheteurs eux repartent groggys, abattus même ;  envolées les bonnes affaires et les doux rêves de profits. La vente se fera sous plis ou même en un seul lot. Elle ne se déroulera pas en public, mais à huis clos, sans doute à la chambre des métiers, du commerce et de l’industrie… haut lieu de la culture des socialistes et des radicaux.

Un collectif s’est créé dans la foulée ;  le temps gagné va servir à relancer les élus et les collectivités. Non Malvy et Salomon ne reviendront pas à la raison, comme le chantait Brassens le temps ne fait rien à l’affaire. Peut-être le Grand Toulouse rachètera une partie du matériel (50% des usagers de l’ARDT sont sur Toulouse). Certains départements et diverses collectivités territoriales, sont eux aussi intéressés. Mutualisé le matériel, c’est quand même une vache de bonne idée. La preuve tout le monde veut nous la piquer !

Non, le maigre temps gagné va surtout permettre une meilleure mobilisation et, enfin, d’essayer de  construire un vrai rapport de force. Après la liquidation du théâtre de la Digue (dont tous les volumes sont eux aussi mis aux enchères le 29 novembre, voir la pétition ci-dessous), le théâtre du Grand Rond et le Sorano sont eux aussi dans la tourmente.

Membre par membre la culture est amputée en Midi Pyrénées, pas de vision politique, encore moins de logique ou de cohérence. Une incompétente placée là, par hasard, car la culture c’est  smart et puis une place de vice-président ça fait bien sur le C.V ! Des élus de la gauche de la gauche absents sur le sujet hormis des déclarations aussi bienveillantes que convenues.

 Partout en France la Droite détruit le service public de l’éducation. En Midi Pyrénées  avec la même logique et les mêmes méthodes, c’est la Gauche qui assassine la culture.

 

S.T

Le NPA82 a sollicité les composantes du FdG82 afin qu’ils interpellent leurs élus au CR Midi Pyrénées.  Ils ont répondu à cet appel, et ont popularisé cette lutte, notamment sur leur site internet et dans les Nouvelles du 82.

 EE-LV82 n’ont pas daigné nous répondre.

 

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Le Bureau des Compagnies de Théâtre
151, route de Blagnac
31200 Toulouse

Toulouse 12 novembre 2011


PETITION pour la conservation dans le domaine public du fond documentaire de la bibliothèque du Théâtre de la Digue, mis en vente aux enchères publiques le 29 novembre prochain.

Le Bureau des Compagnies de Théâtre, association loi 1901 ayant pour objectif de valoriser la création dramatique, vient d’apprendre que le fond documentaire de la bibliothèque du Théâtre de la Digue est mis en vente aux enchères publiques le 29 novembre prochain. 
Suite à la dissolution de l’ATMP (association dirigeant le théâtre), prononcée par son Conseil d’Administration composé d’élus des deux collectivités du Conseil Régional Midi-Pyrénées et de la Mairie de Toulouse en juin dernier, les biens et les meubles de l’association ont été mis en liquidation y compris l’intégralité du fond documentaire de sa bibliothèque consacrée au théâtre. Il s’agit de plus de 20 000 ouvrages et documents consacrés au théâtre, dont certains ne sont plus édités.
La Mairie de Toulouse s’est portée acquéreur du fond, mais la mise en liquidation de l’association donne juridiquement tout pouvoir au liquidateur. Le fond est mis en vente aux enchères publiques comme le veut la procédure. 
Nous n’avons donc aucune garantie fiable concernant la conservation de l’intégralité de ce fond dans le domaine public. Nous craignons sa dispersion et son morcellement, autrement dit sa disparition.
C’est pourquoi le Bureau des Compagnies de Théâtre lance un appel à signature pour la conservation dans le domaine public de ce fond précieux et unique en France. Une valeur documentaire indispensable aux acteurs, metteurs en scène, étudiants et curieux de théâtre qu'ils soient amateurs ou professionnels. 
Cet appel à signature est un appel à la mobilisation citoyenne contre ce qui semble être un symptôme de l’époque : l’indifférence face aux enjeux de mémoire et d’avenir que représentent la création artistique, la culture et ici la conservation d’un patrimoine littéraire et d’archives.

Pour signer la pétition envoyer votre Nom, Prénom, Profession, suivis de la mention « je signe » à 
petition.bibliotheque.theatrale@gmail.com

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