Le blog du NPA82

Austérité : les syndicats appellent à l’action le 11 octobre

 

PARIS — L’intersyndicale nationale a décidé jeudi soir d’organiser le mardi 11 octobre une riposte commune au plan anti-déficits du gouvernement, en convoquant ce jour-là « une journée nationale d’action interprofessionnelle », sans toutefois parvenir à en fixer les modalités.

Réunis au siège de la CGT pendant près de cinq heures, les syndicats CGT, CFDT, FSU, Unsa et SUD sont finalement tombés d’accord pour estimer « indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement, le patronat, les débats parlementaires en cours et à venir », selon un communiqué commun.

Ils énoncent « des mesures urgentes » à prendre, qui constituent des revendications communes en vue du 11 octobre.

FO, qui organise le 20 septembre sa propre « journée d’information », la CFTC et la CFE-CGC avaient décliné l’invitation à cette rencontre.

La durée de la réunion montre l’importance des divergences entre les composantes de l’intersyndicale sur l’ampleur et le sens à donner à cette journée d’action et sur ses modalités.

Dans l’immédiat en tout cas, les syndicats ne renoueront pas, toutefois, avec les grandes manifestations de l’hiver 2009, au plus fort de la crise économique, et de l’automne 2010 contre la réforme des retraites.

La CGT, la FSU et Solidaires souhaitent ce que Nadine Prigent (CGT) a appelé « une journée significative, avec grèves, manifestations, rassemblements ». Mais la CFDT est contre. « La grève ne nous paraît absolument pas la bonne voie » dans « une situation très difficile pour le pouvoir d’achat et des inquiétudes des salariés pour leur emploi », a déclaré à la presse Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT.

« Il faut rechercher les modalités d’action les plus adaptées, les plus efficaces. Je suis convaincu que nous y parviendrons », a-t-il dit.

Pour Bernadette Groison (FSU), le 11 octobre « ne doit pas être une journée de témoignage ». Annick Coupé (Solidaires) a jugé qu’il fallait « construire un processus de mobilisation pour arrêter les politiques d’austérité ». François Joliclerc (Unsa) a estimé de son côté qu’il ne fallait « exclure aucune » forme d’action pour le 11 octobre.

Sans surprise, les syndicats se sont montrés très critiques à l’égard des mesures annoncées il y a huit jours par le Premier ministre François Fillon pour limiter les déficits publics. Ces mesures doivent rapporter 11 milliards d’euros en 2012.

« La facture est principalement supportée par les salariés et les consommateurs », alors que « la contribution des plus hauts revenus reste symbolique », a protesté l’intersyndicale, pour qui il faut « relancer la croissance » même s’il faut « maîtriser les déficits ».

Elle réclame « des mesures urgentes », de quatre types:

- « abandonner la taxation des complémentaires santé; supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires; conditionner toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises ».

- « mettre en oeuvre la taxe sur les transactions financières ».

- « faire de l’emploi, en particulier celui des jeunes, une priorité. Stopper les suppressions d’emplois dans la Fonction publique ».

- « soutenir le pouvoir d’achat notamment des plus bas revenus (…) ».

 

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés. De Thierry MASURE (AFP

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