Le blog du NPA82

Éducation nationale : mobilisation réussie

17011.jpg

D’un certain point de vue, la rentrée sociale tant attendue a enfin eu lieu ce mardi 27 septembre, avec la grève réussie dans l’Éducation nationale.


Une grève massive, avec entre 45 et 50 % de grévistes dans les premier et second degrés, des cortèges syndicaux importants. Les personnels de l’Éducation nationale se sont mobilisés, soutenus par les parents d’élèves, portés par une opinion publique désormais consciente de l’enjeu décisif que constitue la question des suppressions de postes. On pourrait s’étonner qu’elle ne soit au centre des préoccupations qu’en cette rentrée 2011, alors que le mouvement est entamé depuis plusieurs années. Sans doute parce que les conséquences de ce plan social massif touchent désormais bien au-delà des banlieues défavorisées des grandes villes et concernent les enfants des classes moyennes.

Mais les suppressions de postes ne sont pas la seule question posée. Derrière cette froide réalité comptable, le gouvernement a engagé une bataille sans merci pour en finir avec l’objectif d’un système éducatif doté des moyens de faire accéder l’ensemble des enfants et des jeunes à un haut niveau de connaissance et de qualification.

S’il n’y a jamais eu d’âge d’or, d’ascenseur social magique et autres calembredaines, le rapport de forces se dégrade indéniablement. On le sait, cela fait quelques années que le patronat français a décidé de ne plus consentir à l’investissement qu’il considérait jusque-là dans son intérêt. Et les coups se sont aggravés dernièrement : individualisation des parcours, mise en place de dispositifs qui minent l’idée même du groupe classe et de l’apprentissage collectif, évaluation à outrance, suppressions de postes, polyvalence généralisée pour les enseignants, destruction de la formation initiale, désinvestissement de l’enseignement professionnel, multiplication des statuts, explosion de la précarité, dégradation du pouvoir d’achat… Le dispositif Claire, destiné à remplacer les anciennes ZEP, en est la concrétisation la plus aboutie. C’est donc aussi une bataille sur le terrain des questions éducatives, du projet pour l’école qui est nécessaire aujourd’hui, une bataille qui n’appartient pas aux seulEs enseignantEs.

On sent une hésitation à droite : faut-il foncer, ressouder sa base sociale contre les profs, comme le laisse entendre un Luc Chatel déclarant que le statut des enseignants doit être revu ou que les vacances scolaires seront prochainement amputées de deux semaines ? Faut-il pousser l’avantage après des mobilisations qui ne furent pas à la hauteur dans l’Éducation nationale durant le mouvement des retraites en 2010 ? Ou le coût social et donc électoral est-il trop élevé ? Candidats à l’alternance, les socialistes hésitent également, avancent d’un pas, prennent la mesure du mouvement d’opinion et reculent, mais ne mettent pas en cause la logique économique et idéologique à l’œuvre. Et un Jack Lang déclare un jour de grève que les enseignants doivent être « bousculés »… Tout un programme !

Les années électorales sont rarement les plus propices à des mobilisations prolongées. Les assemblées générales de ce matin du 27 septembre ont été relativement réduites, n’indiquant pas pour l’heure une volonté d’aller au-delà d’une journée de mobilisation réussie.

L’aggravation de la crise ouvre pourtant la possibilité de résistances aux plans d’austérité. De ce point de vue, la journée du 11 octobre pourrait constituer un jalon important, si elle était préparée avec la combativité nécessaire.

 

Ingrid Hayes,

 

Communiqué du NPA. Une nouvelle provocation de Sarkozy.

Le jour même d'une mobilisation d'ampleur des enseignants du public, mais aussi du privé, contre les suppressions de postes et les fermetures de classes, N. Sarkozy, en déplacement à Compiègne, s'est livré à une nouvelle provocation.

Il a ainsi déclaré qu'il s'intéressait davantage aux salariés de l'industrie confrontés à la concurrence internationale qu'aux fonctionnaires protégés par leur statut. Mensonge ! Le gouvernement Fillon n'a pas eu un mot pour dénoncer la fermeture de la raffinerie de Berre (370 salariés), des usines Lafarge dans l'Yonne, Still dans l'Oise, de Fralib à Marseille, des Fonderies du Poitou à Ingrandes. Ce sont les résistances et les coups de colère des salariés qui ont percé le mur du silence.

Outre le fait que sur les emplois de fonctionnaires il y a beaucoup de précaires, le choix de faire cette déclaration le jour d'une mobilisation importante, cette provocation est le signe d'un profond mépris pour les enseignants.

Dans la foulée, le fidèle Chatel s'est empressé de dire qu'il n'était pas question de revenir sur les 14 000 suppressions de postes prévues à la rentrée 2012, estimant que le nombre d'enseignants, ce n'était pas le sujet majeur. D'ailleurs, l'UMP en la personne de son spécialiste à l'éducation, Jacques Grosperrin, trouve que les suppressions de postes sont justifiées.

Il faut arrêter le bras de ce gouvernement de massacreurs du service public.

Le succès des grèves et des manifestations du 27 septembre dans l'éducation est positif.

Ce qui est en jeu c'est l'avenir de l'éducation nationale et sa capacité à donner à tous les jeunes une formation.

Résistance et montée en puissance de la mobilisation sont à l'ordre du jour.

 

Le 28 septembre 2011.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article