Le blog du NPA82

Gauche Anticapitaliste : Bilans 1er tours législatives

Les législatives à la gauche du PS

Les législatives de juin 2012 se sont déroulées dans le même cadre institutionnel qu’en 2007, celui d’une élection dont le rôle affiché est de donner une majorité au président élu quelques semaines plus tôt. Elles sont donc volontairement dépourvues d’enjeu et sont logiquement marquées par une forte d’abstention (42,8% en 2012). La logique veut que le président élu « tire » son parti par un effet vote utile, ce qui fut le cas en 2007 avec l’UMP, et en 2012 avec le PS, même s'il n’y a pas eu de déferlante rose.

Total à gauche du PS Législatives Présidentielle
2007 8,07 % 7,67%
2012 7,93 % 12,81%

 

De 2007 à 2012, léger tassement pour l’ensemble de la gauche radicale 

Pour les forces politiques à gauche du PS, il y a entre 2007 et 2012 une stabilité ou plutôt un léger tassement, tant en pourcentage qu’en nombre de voix.
En 2007, le total PCF + extrême gauche est de 8,07% (2 100 295 voix).
En 2012, le total FDG + EG est de 7,93% (2 056 859 voix).

En 2012, contrairement à 2007, le total à gauche du PS est moins bon aux législatives qu’à la présidentielle.
En 2007, Il y avait eu une légère progression, en %, entre la présidentielle et les législatives.
Le pourcentage atteint par l’ensemble des candidats à gauche du PS était à la présidentielle de 7,67% (4,08 (OB) + 1,93% (MGB) + 1,32% (JB) + 0,34% (GS)) contre 8,07 % aux législatives.
En 2012, l’inverse se produit puisque le total à la présidentielle est de 12,81% (11,1 (JLM) + 1,15 (PP) + 0,56 (NA)) contre 7,93 % aux législatives.
En 2007, la LCR avait fait moins aux législatives que son candidat à la présidentielle mais le PCF avait fait plus.
L’une payait son manque d’ancrage au regard de la popularité de son porte-parole quand l’autre rattrapait l’échec de sa campagne présidentielle grâce à son implantation locale et à ses élus sortants.
Cette fois-ci, autant l’EG, en s’effondrant, que le FDG, dans le cadre de scores en progression de 2007 à 2012, font moins bien que leurs scores respectifs à la présidentielle.
C’est certes la troisième élection dans le cadre de l’inversion du calendrier électoral et l’effet confirmation de la présidentielle a pu jouer plus fort. L’effet vote utile pour le PS a été aussi plus fort en 2012 qu’en 2007. On peut cependant s’interroger sur le problème politique que cela pose. Pourquoi apparaît-il donc moins utile de voter pour la gauche de la gauche quand le PS est victorieux à la présidentielle?
Une extrême gauche laminée
La sanction est terrible pour le NPA et LO dont le total n’atteint pas 1%. Le NPA a fait le choix imprudent, surestimant sa surface politique, de se présenter dans un nombre maximum (près de 400) de circonscriptions. L’objectif était d’arriver au seuil légal de 1% dans 50 circonscriptions pour obtenir une dotation de l'État. Au total, le NPA, sur sa ligne majoritaire, n’atteint 1% que dans 18 d’entre elles. Toutes les explications sur le vote utile, le mode de scrutin, l’abstention élevée ne pourront masquer cet échec. Même dans les années difficiles pour les anticapitalistes que furent les années 1990, la LCR dépassait 1% là où elle se présentait. Depuis, les campagnes d’Arlette Laguiller puis d’Olivier Besancenot avaient tiré les résultats aux législatives et la notoriété des anticapitalistes s’était accrue. Là, le message des électrices et des électeurs a été clair : « il ne sert à rien de voter pour vous ». En trois ans, le NPA est passé de 4,9% aux européennes de 2009 à une moyenne de 0,5% en juin 2012. Même l’électorat traditionnel de l’extrême gauche qui existait encore aux cantonales de 2011 a fondu.
Cet échec touche aussi le NPA lorsqu’il a eu une ligne unitaire. Parmi la trentaine de candidatures présentées par la GaucheaAnticapitaliste, seules deux dépassent les 5%. L’une est dans le cadre d’un accord avec le FDG en Limousin. L’autre est à Clermont-Ferrand, là où le candidat a une longue implantation. Ailleurs, les candidatures font souvent à peine mieux que celle du NPA majo. Aux régionales de 2010, le NPA avait fait sensiblement mieux là où il avait construit une unité partielle que lorsqu’il était isolé. En 2012, les candidatures dans le cadre d’une « petite unité » (avec les Alternatifs ou le MOC) sont aussi des échecs électoraux.
Même lorsqu’il est relativement implanté et unitaire, le NPA n’a pu compenser localement les effets de la ligne nationale du NPA, médiatisée par sa campagne présidentielle. Il n’est pas apparu possible de crédibiliser une démarche unitaire hors du FDG. Il n’y a pas actuellement de place électorale et donc certainement de place politique à gauche et hors du FDG. On ne voit pas à moyen terme, si le FDG ne se divise pas et ne s’embourbe pas dans une participation gouvernementale, ce qui pourrait changer cet état de fait.
L’effondrement électoral du NPA comme avant celui de LO suivent des succès importants aux présidentielles, et dans les deux cas, les scores retombent en dessous de ceux d’avant la percée relative. LO, en n’essayant pas, puis, le NPA, en multipliant les erreurs, n’ont pas réussi à se projeter à la hauteur de l’attente et des responsabilités que leur donnaient leurs scores aux présidentielles. Cela a été sévèrement et rapidement sanctionné. On peut craindre que l’histoire ne repassera pas le plat d’ici un certain temps.


Des résultats contrastés pour le Front de Gauche
Le FDG fait moins bien aux législatives qu’aux présidentielles, alors que le PCF faisait traditionnellement mieux. Le nombre de députés va baisser, car à plusieurs endroits, les sortants PCF ou PG sont arrivés derrière le candidat PS. Ce double échec, la perte de députés et l’incapacité à transformer l’essai de la présidentielle, se cumulent avec l’échec symbolique à Hénin-Beaumont. Cependant, le score du FDG est en progression d’une législative à l’autre. Le FDG fait environ 600 000 voix de plus que le PCF en 2007, avec 6,95% contre 4,63%.
Mais cette progression moyenne masque d’importantes disparités.
Il semble bien que la dynamique JLM n’ait pas pleinement profité au PCF dans ses bastions traditionnels, ou alors celui-ci n’a pas su en profiter. Dans la circonscription de Sète, le PCF faisait 24,38% en 2007, le candidat PCF-FDG, n’a fait que 9,39% en 2012. Le candidat a changé entre temps, mais il est significatif que le retrait du représentant traditionnel et implanté se traduise par un tel recul. Dans la 16e circonscription du Nord-Pas-de-Calais, le candidat est par contre le même. Député sortant, il fait 35,09 % en 2012, contre 32,92% en 2007. En 2007, l’EG y faisait 3%, 1,3% en 2012. Dans la banlieue parisienne, le PS continue de progresser au dépend du PCF.
Le PCF est une force politique très bien implantée dans certaines circonscriptions mais qui n’avait plus d’implantation nationale homogène. En 2007, il était par exemple derrière la LCR dans un certain nombre d’endroits. Le FDG a gagné une implantation nationale, on note par exemple dans les grandes villes une nette progression du FDG par rapport aux candidats du PCF. Par contre, le déclin électoral du PCF dans ses bastions se poursuit ou est juste enrayé.
Des phénomènes sociologiques (vieillissement, déclin industriel, modification démographiques) sont certainement à l’œuvre. On peut cependant penser que la campagne menée aux législatives n’a pas été à la hauteur de la présidentielle. Malgré ses 11%, le FDG n’a donné aucun signe en terme d’élargissement ou d’approfondissement du rassemblement qu’il avait réussi à construire, intégrant de fait l’idée d’un échec de sa campagne, échec au regard des seuls sondages prometteurs. Les querelles entre les deux principales composantes ont au contraire étaient médiatisées. La campagne a, de fait, été souvent séparée, avec une connotation très PCF là où le PCF était tête de liste, assez opposée à ce qui fut la dynamique ouverte de la campagne JLM. Le profil et le programme ont aussi été moins clairs, hésitant entre l’exigence d’une alternative de gauche au PS et celle d’une majorité de gauche pluraliste.
Ces éléments pointent les limites du Front de Gauche comme cartel électoral. Il n’en reste pas moins, que c’est sur les bases de ce que ce front a accompli ces derniers mois, notamment dans la dernière phase de la présidentielle, qu’il est possible de construire une opposition de gauche aux politiques d’austérité.


Le15 juin 2012

Photothèque Rouge/DR

Tribune GA : Stop ou encore ?

Les enseignements du premier tour des élections législatives sont dans la continuité de la présidentielle. Le total de la gauche et de l’extrême gauche se situe à un niveau élevé, 47,75 % comparativement aux élections législatives de 2002 (39,95 %) et de 2007 (38,97 %).

La logique du système présidentiel a joué une nouvelle fois, le choix politique se faisant au travers du vote pour donner à un François Hollande fraîchement élu une majorité parlementaire. Une bonne partie des électeurs juge alors inutile de se déplacer une seconde fois et l’abstention est importante.
Néanmoins, la droite résiste face à la vaguelette rose et, plus inquiétant encore, l’ancrage du Front national est confirmé.
Le programme de François Hollande se trouve donc conforté dans cette période de crise économique, le vote pour les socialistes confirmant l’élan du 6 mai dernier pour se débarrasser d’une droite brutale et antipopulaire. Les premières mesures, aussi limitées soient-elles, ont paru volontairement corriger – même à la marge – les excès politiques et sociaux du sarkozysme. 
Le score du Front national à 14 % sur tout le territoire avec des pointes inquiétantes assurant le succès de ses leaders, est tout à la fois le résultat de la crise de la droite, qui après sa défaite peine à retrouver une stratégie, et des effets ravageurs de la crise économique dans les zones ouvrières et populaires.
La circonscription d’Hénin-Beaumont, où – il faut le rappeler – l’UMP ne présentait pas de candidat, était de ce point de vue emblématique de la course de vitesse engagée entre la solution raciste, réactionnaire et fascisante de Marine Le Pen et l’alternative de gauche radicale, proposant des solutions contre l’austérité, sur une orientation de solidarité et d’unité de Jean-Luc Mélenchon. Une dynamique unitaire de toutes les forces à gauche de la gauche autour du Front de Gauche aurait permis à Mélenchon de passer devant son adversaire socialiste (23 % contre 21,4 %) et de poursuivre le combat contre le Front national, en faisant son entrée au Parlement. 
En dépit de la poursuite du déclin de certains bastions du PCF, le Front de Gauche a résisté dans de nombreuses circonscriptions avec une moyenne nationale à 7 %, inférieure à celle de la présidentielle mais au-dessus de son score de 2007. La dynamique devra s’amplifier et se déployer sur le terrain social et politique dans les mois qui viennent face à une politique socialiste qui montrera rapidement son vrai visage de soumission aux diktats européens imposant l’austérité aux peuples.
L’extrême gauche est laminée. Le NPA, LO, comme la quasi-totalité des candidatures à la gauche du Front de Gauche se situent en deçà de 1 % des voix, soit trois fois moins qu’en 2007, résultat d’une marginalisation déjà enregistrée lors de la présidentielle. Il faut regarder cette réalité en face : stop ou encore ?
Le Front national est bien placé en embuscade pour profiter du discrédit des partis de gestion du système. Mais rien n’est joué. La situation peut aussi profiter à la gauche radicale. Le NPA seul ne fait pas et ne fera pas le poids. Il doit jouer la carte de l’unité durable. Dès lors que l’hypothèque de la participation et du soutien à un gouvernement dominé par le PS marqué du sceau de l’austérité est levée, que le combat à tous les niveaux, dans la rue et au Parlement, contre les mesures qui marquent une telle politique est engagé, alors il n’y a plus d’obstacle à ce que se rassemblent toutes les forces qui agissent en ce sens. Compte tenu des rapports de force actuels, cette coalition des forces de la transformation sociale et écologique ne peut prendre que la forme d’un élargissement du Front de Gauche. 
Tel est le choix lucide que doit faire la Conférence nationale du NPA les 7 et 8 juillet prochains.


Tribune parue dans Tout est à nous! n° 153, le 13 juin 2012

Photothèque Rouge/babar

Législatives en rose et bleu avec la menace du Front national

 

Le présidentialisme avec l'inversion du calendrier électoral a marché à plein.
L'enjeu de donner un majorité de gouvernement au président élu a favorisé cette fois les candidatEs du Parti socialiste, qui entrevoit la possibilité d'obtenir la majorité absolue le 17 juin, seul ou avec ses alliés.
Le programme de F. Hollande se trouve ainsi conforté dans cette période de crise économique, les premières mesures apparaissant comme la volonté de corriger la brutalité de la politique de Sarkozy.
Mais, la forte abstention met l'accent sur un désenchantement certain d'une fraction de l'électorat.
L'UMP plastronne parce que ses leaders obtiennent de bons résultats généralement et que la vague rose ne les pas submergé. Il n'empêche : ces élections prolongent la défaite de N. Sarkozy le 6 mai.
Si le PS et l'UMP fourniront les gros bataillons de députés, les scores obtenus par le Front national, même s'ils sont inférieurs à celui de Marine Le Pen à la présidentielle, montre une enracinement social et local du FN sur une base résolument xénophobe.
Le courageux combat mené par J.L. Mélenchon à Hénin-Beaumont, dans un contexte de division de la gauche radicale, n'a pas permis d'enrayer ce phénomène. Le FN à un haut niveau c'est un danger à combattre sans relâche pour défendre nos droits sociaux, la démocratie, la solidarité internationale.
A la gauche du PS, la situation est contrastée. Si le Front de gauche améliore ses résultats obtenus en 2007, il enregistre un recul par rapport à la présidentielle : il paye la logique du vote utile et un manque de positionnement clair vis-à-vis du PS, alternant, en fonction des candidats, entre une ligne "autonome et conquérante" et le rassemblement de toute la gauche. Par contre, l'addition est salée pour le NPA et LO qui avec 0,98% des voix font trois fois moins bien qu'en 2007.
La Gauche anticapitaliste qui présentait 35 candidats dans des configurations différentes enregistre  des résultats modestes, à l'exception de Clermont-Ferrand et du Limousin.
Le 17 juin, il faudra à la fois amplifier la défaite de l'UMP et barrer la route au Front national.
C'est pourquoi la Gauche anticapitaliste appelle à utiliser le bulletin de vote PS ou EELV, à voter pour le/la candidatE du front de gauche, selon les configurations locales.

Communiqué de la la GA, le 11 juin 2012

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