Le blog du NPA82

Grèce : La confrontation entre la peur et l’espoir vient de commencer !

 

Après un mois et demi de bataille électorale, les grecs ont voté hier. Les résultats font apparaître une nette polarisation, entre les partisans conservateurs des politiques d’austérité et ceux de la gauche radicale, qui veulent mettre fin à la souffrance du peuple grec.

Pendant qu’en Europe on faisait croire que le dilemme pour les grecs était de rester ou non dans l’euro, dans le pays avait lieu une autre sorte de bras de fer : entre la peur et l’espoir, pour ou contre les politiques de destruction du pays, l’asservissement ou la dignité.

Les attaques, les manipulations, les intimidations à l’intérieur et à l’extérieur du pays ont donné une courte victoire (29,66%) à « Nouvelle Démocratie », la droite grecque. Celle-ci, bientôt alliée au PASOK, et éventuellement à la Gauche Démocratique, réussira peut-être à former le gouvernement de l’austérité, puisque ces deux forces maintiennent leurs voies. Cette coalition de la continuité austéritaire, devra compter néanmoins avec la présence très forte de la gauche radicale, qui la talonne sur tous les fronts.

Les néonazis confirment leur présence au sein du parlement, en contrant tous ceux qui pensaient que leur vrai visage démasqué, ils se seraient effondrés. L’Aube-dorée, a multiplié les attaques meurtrières dans la rue contre les immigrés et les gens de gauche pendant la période électorale. Il y a aujourd’hui en Grèce, un réel danger de voir ce groupe néo-nazi accroitre encore son influence, pendant que ces mêmes politiques de la peur seront appliquées.

A l’opposé, les Grecs Indépendants ainsi que le KKE voient leurs scores baisser. En particulier le PC Grec essuie une défaite historique, puisque les voies qu’il reçoit sont divisées par deux. Leur politique sectaire et détachée des préoccupations des gens est sanctionnée. Les verts grecs, ainsi que Antarsya, coalition anticapitaliste, disparaissent du paysage politique. A l’évidence, les grecs ne les ont pas choisi pour sanctionner la politique qui est menée.

Syriza, réalise le 17 Juin des scores historiques (26,89%) dans la jeunesse, dans les villes et chez les actifs. La coalition étend son influence en Crète et dans les quartiers populaires. Malgré le fait qu’une victoire de Syriza aurait était une bouffée d’air pour ces grecs qui ont vu leurs revenus fondre, leurs modes de vies et leur capacité de survie remises en cause, les résultats sont sans appel. Il y a une Grèce aujourd’hui qui relève la tête, qui ose espérer un avenir différent que celui proposer par la Troïka.

Un jour après les élections, Syriza doit assurer son rôle dans l’opposition au parlement, en continuant à donner de la crédibilité et de la radicalité à cette alternative qui a émergé lors de la séquence électorale. Syriza doit aussi continuer à élargir son influence en particulier dans les campagnes, mais doit aussi œuvrer pour le rassemblement des forces progressistes dans le pays.

En Grèce, c’est le moment de prendre les initiatives qui vont dans ce sens, afin de convaincre ces grecs qui continuent à avoir peur, que l’on peut faire autrement. Il faut mener le combat pour démontrer qu’il existe d’autres politiques économiques, sociales et écologiques que l’on peut mener et que l’austérité n’est pas une fatalité. Démontrer aussi que cette dette qui aspire 80% du budget n’est pas légitime, car elle a été contractée sur le dos du peuple pour servir les intérêts des riches et de leurs amis qui ont dirigé le pays depuis toujours. Démontrer enfin, que l’on peut se retrouver, agir ensemble, décider démocratiquement et améliorer notre quotidien.

 

RM

Crédit photo : DR

Déclaration d'Alexis Tsipras, leader de Syriza (Grèce)

 

Grecques et grecs,

Il y a un mois et demi, nous commencions ensemble une épopée difficile mais passionnant poure défendre la dignité et la fierté du peuple grec. Pour mettre fin aux mémorandums de l'austérité et de la pauvreté. Pour ouvrir un chemin d'espoir et mettre frein à une Europe qui se précipite vers la catastrophe et la désintégration. Nous avons lutté avec conviction et abnégation contre un déluge sans précédents de fraudes, d'extorsion et de terrorisme psychologique.

 Nous avions face à nous la coalition des forces du passé, une alliance impie de forces intérieures et extérieures, qui a tout fait pour combattre le désir de justice sociale et d'une vie digne pour notre peuple.

Nous sommes fiers d'avoir porté ce poids et cette responsabilité sur nos épaules.

Nous sommes satisfaits de la résistance et de l'appui d'une grande partie de notre peuple, qui, en un mois et demi à peine, a permis de multiplier nos résultats électoraux.

 Il s'agit d'une prouesse unique dans l'histoire politique récente de toute l'Europe.

 Bien que nous n'ayons finalement pas obtenu la première place aux élections, Syriza a fait confluer en son sein la plus grande parties des tendances populaires progressistes et anti-austérité de notre peuple.

 Il y a quelques instants, j'ai appelé M. Samaras pour le féliciter de la première place de Nouvelle Démocratie. Quelques soient à l'avenir les possibilités de revendications issues du peuple et de la forte présence de Syriza, ce n'est pas uniquement que nous n'allons rien laisser passer aux laudateurs du 'sauvetage' de la Grèce.  Nous allons exiger, depuis notre position d'opposants responsables, et dans les luttes, que le gouvernement prennent en compte ces revendications pour le bien du peuple. Et nous prendrons position en fonction de s'il le fait ou non.

 Dans tous les cas, nous sommes clair sur le fait que les mesures d'austérité et de  liquidation du secteur public ne peuvent continuer car ils n'ont pas de soutien populaire. Notre peuple a dénoncé par deux fois le "sauvetage" en un mois et demi.

Tous les partis ont reconnu que le mémorandum est un plan économique non viable.

 Le rejet du "sauvetage" a été clairement refusé à plusieurs reprises par le peuple.

 Le gouvernement qui se formera autour de Nouvelle Démocratie devra prendre clairement en compte que les questions importantes ne peuvent être réglées sans écouter le peuple comme l'ont fait les gouvernements précédents.

Il ne pourra continuer une politique qui va complètement contre la volonté populaire. Le temps nous donnera raison.

Notre proposition de refuser les conditions des sauvetages par l'austérité en Europe est la seule solution possible, non seulement pour les grecs, mais aussi pour le reste des peuples européens. Il s'agit en réalité de l'unique voie possible pour l'Europe.

Dès lundi, nous allons continuer de lutter. Nous avons la certitude que le futur n'appartient pas à ceux qui ont peur, mais aux porteurs d'espoir. Un nouveau jour pour la Grèce vient de naître.

 Nous continuerons. Merci beaucoup.

 

 Traduit de l'espagnol (traduccion de Belen Martin-Ambrosio Frances) par Sébastien Ville.

Crédit photo : DR

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article