Le blog du NPA82

Sarkozy au contact du peuple ariégeois...

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Suite à l’annonce de la visite du président de la république dans le département de l’Ariège, l’intersyndicale avait organisé une contre-manifestation pacifique ce matin place Ste Hélène à Pamiers.

Les élus socialistes se sont joints à ce rassemblement qui se voulait bon enfant autour de grillades:

«Nous voulons accueillir le chef de l’Etat comme il se doit, c’est-à-dire lui rappeler les incidences de la politique d’aménagement des territoires mise en place par son gouvernement: suppression des hôpitaux de proximité, des emplois dans l’éducation nationale et dans la fonction publique, précarité des emplois, mal être et mal vivre des Ariégeois»

Aux alentours de midi, le cortège de près de quatre cents personnes a décidé de remonter la rue Frédéric Soulié jusqu’à la sous préfecture.

Mais c’était sans compter sur la détermination d’une compagnie de CRS de la région parisienne qui, après sommations, est intervenue par deux fois: grenades à projectiles en caoutchouc, bombes lacrymogènes; plusieurs personnes du cortège ont été touchées et ont nécessité l'intervention des secours.


Augustin Bonrepaux, président du conseil général, qui après l’accueil républicain de Nicolas Sarkozy avait rejoint le cortège aux côtés de Carole Delga, maire de Martres Tolosane, a dénoncé «ces procédés inadmissibles […]

Nous avons lancé un appel républicain à tous ceux qui travaillent dans la ruralité, je trouve scandaleux qu’il y ait des brutalités policières contre des manifestants pacifistes, c’est inadmissible car il est important dans une démocratie que tout le monde puisse se faire entendre !
»

Une visite du chef de l’Etat qui pourrait bien laisser un goût amer aux Ariégeois…

La vidéo de la charge des CRS...

 

http://www.ariegenews.com/  le 17/01/2012

Sarkozy en Ariège: gaz lacrymogènes contre une manifestation intersyndicale

Les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes contre une manifestation syndicale de 500 à 800 personnes suivant les évaluations, qui tentait de se diriger vers le lieu du discours du président Sarkozy mardi à Pamiers (Ariège), a-t-on appris auprès de la police et des organisateurs.

Des manifestants, dont le secrétaire de l'union départementale CGT Christophe Couderc, se sont plaints à l'AFP d'avoir été atteints par des projectiles en caoutchouc, le syndicaliste à la tempe, d'autres au ventre.

"Nous avions autorisé un rassemblement sur la place Sainte-Hélène, mais pas de cortège. Or, à peine arrivés sur place, les manifestants ont tenté d'emprunter la rue menant au gymnase où s'exprimait le chef de l'Etat", a déclaré à l'AFP le directeur départemental de la sécurité publique Michel Pagès.

Le responsable de la police a démenti toute "violence policière". "Nous avons fait trois sommations, nous n'avons fait que notre devoir", a-t-il ajouté.

Christophe Couderc comme le président du conseil général de l'Ariège Augustin Bonrepaux (PS) présents à la manifestation ont au contraire estimé "inadmissible" l'attitude de la police contre une "manifestation pacifique".

L'un comme l'autre assurent que les heurts ont eu lieu à près d'un kilomètre du gymnase où se trouvait le chef de l'Etat, pour lequel "il n'y avait aucun danger".

M. Couderc assure qu'une syndicaliste a dû être conduite à l'hôpital. Selon lui, les forces de l'ordre "ont manqué de discernement".

"Tout le monde était révolté", a déclaré M. Bonrepaux, qui assure avoir reproché aux policiers leur attitude "irresponsable".

Le DDSP a indiqué que la police avait interpellé "7 ou 8 personnes qui tentaient de s'infiltrer sur le lieu du discours munis de fausses invitations". Ils ont été relâchés ensuite, selon lui.

Les manifestants s'étaient rassemblés en fin de matinée à l'appel d'une intersyndicale CGT-CFDT Solidaires-FSU-UNSA contre "le bilan de Sarkozy et du MEDEF". "Accueillons comme il se doit le président Sarkozy !" titrait le tract d'appel à la manifestation.

M. Bonrepaux avait accueilli le chef de l'Etat dans une cantine bio de Pamiers pour la première étape de son voyage-éclair en Ariège, mais il avait déclaré: "Je n'irai pas plus loin, je ne suivrai pas le candidat, et je rejoindrai la manifestation".

 

Par AFP le 17/01/12

 

 

Pamiers. Les manifestants sous les lacrymogènes

Pamiers. Les manifestants sous les lacrymogènes
Pamiers. Les manifestants sous les lacrymogènes
 

Midi. Les manifestants qui devaient se cantonner à la place Sainte-Hélène ont déjà commencé à remonter l'avenue Frédéric Soulié. CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires et les autres, sans compter les dizaines de collégiens et lycéens s'échauffent dans le cortège. Ils sont 1000 selon les syndicats, 400 selon les forces de l'ordre. À un kilomètre et demi, guère plus, dans la salle de la Rijole, Nicolas Sarkozy adresse ses vœux aux représentants de la ruralité ariégeoise. Et à défaut de se faire voir, ses détracteurs tentent de se faire entendre. « C'est un scandale de n'avoir pas pu nous laisser accéder à la Rijole. Nous sommes parqués comme du bétail », s'indigne cette femme, employée à la mairie de Foix. Pas si parqués, puisqu'ils se sont autorisés à s'aventurer en terre interdite si l'on peut dire, remontant progressivement le long de la sous-préfecture. Pour autant, dans les rangs du cortège, beaucoup de colère, mais aucune violence. Bien sûr, quelques quolibets, mais pas de provocation face au barrage de CRS qui se tient juste au-dessus d'eux. Pourtant, subitement, c'est la panique. Après les sommations données sans porte-voix, un nuage de fumée blanche monte au-dessus de la foule, et les premiers manifestants font marche arrière illico, se couvrant le visage comme ils peuvent. Le gaz lacrymogène atteint peu à peu les personnes les plus proches. Beaucoup de gens âgés, qui s'enfuient tant bien que mal. « Respirez tranquillement, respirez tranquillement ! » Des voix tentent de calmer les esprits. En quelques minutes, forcément, la quasi-totalité de la foule a reculé. Plusieurs manifestants, au sol, peinent à se remettre de l'attaque au gaz.

Quelques minutes plus tard, syndiqués, simples opposants au régime Sarkozy, ou élus témoignent tous d'un profond dégoût. « Franchement, je n'ai jamais vu ça en Ariège, souffle Bernard Piquemal, conseiller général du canton de Vicdessos et maire d'Auzat. C'était une manifestation absolument pacifiste, ils n'avaient aucune raison de faire ça… » « Ça », c'est non seulement le gaz mais aussi les tirs de projectiles en caoutchouc issus de grenades de dispersion.

La préfecture s'expliquera : « Ce cortège improvisé, et non déclaré comme la réglementation l'y oblige, a tenté de déborder le dispositif de sécurité mis en place troublant ainsi l'ordre public. Les forces de l'ordre, invitant le cortège à se maintenir sur place mais sans effet, et après plusieurs sommations réitérées, ont donc été contraintes de repousser les manifestants afin d'éviter tout nouvel incident.

[…] Il n'y a donc rien d'exceptionnel à ce que le respect des règles de sécurité élémentaires ait été garanti par la police. » Éternelle question que de savoir si la fin justifie les moyens… Jusqu'à 13 heures malgré tout, des centaines de personnes sont restées mobilisées. « Nous avons fait ce que nous avions à faire », affirme cette enseignante. Un sentiment de devoir accompli, mais, malgré tout, de l'amertume dans la gorge. Et pas uniquement à cause du gaz lacrymogène.


"Pourquoi m'a-t-on tiré dessus ?"

La visite du Président de la République à Pamiers va laisser un souvenir pénible à quelques-uns des manifestants. Certains ont été touchés par des projectiles de caoutchouc provenant de grenades à dispersion, d'autres incommodés par des gaz lacrymogènes ou interpellés. Parmi eux, Annie Fachetti, élue à la mairie de Pamiers, n'oubliera pas ce mardi midi. « J'étais à l'avant du cortège, deux ou trois mètres séparaient les manifestants des forces de l'ordre, j'étais de dos, donc je ne sais pas d'où est venu le tir de grenade, mais j'ai reçu ce projectile de caoutchouc juste sous la poitrine, sur le côté. Nous n'avions pas une attitude menaçante, nous n'avons provoqué personne. Je porte des bottes à talons, pas de cagoule, je ne comprends pas pourquoi je me suis fait tirer dessus », raconte-t-elle. De son côté Alain Tirode, professeur d'EPS dans un collège de Pamiers, a reçu la même balle de caoutchouc, mais dans le ventre cette fois-ci. « Je me suis retrouvé à l'avant du cortège par hasard, je cherchais mes collègues, je n'ai rien remarqué de particulier, j'ai senti quelque chose m'atteindre le ventre. J'ai un certificat de mon médecin et j'ai porté plainte », témoigne-t-il. Le président départemental de la CGT Christophe Couderc en a également fait les frais, c'est un projectile qu'il a reçu sur la tempe qui lui offre cette marque rouge. Notre photographe présente dans la manifestation a également été atteinte sur la cuisse droite.

Enfin cette personne interpellée en marge de la manifestation, Philippe Vixac, documentaliste délégué CGT au lycée agricole de Pamiers. Il a été embarqué au commissariat pour 2 h 30 de garde à vue. « Lors du passage du Président, j'ai voulu sortir une banderole sur laquelle on pouvait lire « Pour le Président « Adésias », pour le candidat « Dégage ». Un policier m'a repoussé vers l'intérieur du lycée. À la seconde tentative, j'ai été embarqué dans le panier à salade ». Libéré aux alentours de 14 h 30, le protestataire a repris son poste de travail.

 

Publié le 18/01/2012.

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