Le blog du NPA82

Trappes: austérité, racisme et violences policières

 

Trappes : austérité, racisme et violences policières

Le cocktail détonnant de l’été

 

 

L’attitude extrêmement brutale et provocatrice des policiers lors d’un contrôle d’identité d’une femme portant un voile intégral, jeudi 18 juillet, est à l’origine de la colère de plusieurs centaines d’habitants et de jeunes du quartier des Merisiers à Trappes. L’arrestation du mari de la femme contrôlée a mis le feu aux poudres alors que son seul tort a été de se révolter face aux insultes, menaces et violences que sa femme, qui acceptait le contrôle, et sa belle-mère subissaient de la part des policiers. Tandis que deux cents personnes s'étaient rassemblées devant le commissariat pour exiger la libération du mari, un jeune de 14 ans, atteint par un tir de flash-ball, a été grièvement blessé à l’œil.

 

Moins d’Etat social, plus d’Etat pénal

Face au ressentiment provoqué par le développement du chômage et de la pauvreté, le mal-logement, les appartements surpeuplés, face au désengagement de l’Etat social qui délabre les quartiers, le gouvernement Hollande-Ayrault, dans la continuité de ses prédécesseurs, ne trouve qu’une seule réponse : l’accroissement de l’Etat pénal. Trappes, comme beaucoup d’autres villes ouvrières, concentre les inégalités sociales : le taux de chômage y est de 15,7 % (5 points de plus que la moyenne nationale). Et le chômage des jeunes approche les 30 % alors que les moins de 30 ans représentent près de la moitié de la population pour environ 32 % en moyenne nationale.

Les contrôles, propos agressifs et souvent racistes, sont quotidiens dans les quartiers populaires, alors que la population et en particulier les jeunes ont besoin de travail, de lieux de réunion, d’un renforcement des services publics. A ces ingrédients s’ajoute un climat d’agressions racistes contre les musulmans que les mobilisations réactionnaires contre le mariage pour tous et le racisme d’Etat contre les sans-papiers et les Roms ont amplifié. L’exacerbation de ces tensions, au moment où se déroule le ramadan, ne peut que fabriquer un cocktail explosif, à Trappes comme dans beaucoup d’autres quartiers.

 

Valls sarkozyste zélé

Ce n’est donc pas un hasard si les seules déclarations de Manuel Valls surjouant au Père Fouettard en ministre de l’Intérieur habité par un destin supérieur, ont été pour défendre inconditionnellement des policiers appliquant avec zèle une loi sarkozyste qu’il avait votée et dénoncer les manifestants. En visite au commissariat ce lundi, il a déclaré que « l’Etat est bien là et il ne laissera pas faire ». Il sait que la politique d’austérité que son gouvernement veut imposer aux classes populaires génère l’insatisfaction et accumule les motifs de révolte. La baisse des budgets sociaux va aggraver encore la situation de la majorité de la population, en premier lieu dans les quartiers. Alors le ministre de l’Intérieur se fait menaçant et derrière les jeunes de Trappes, ce sont tous les salariés et chômeurs, potentiels révoltés, qui sont visés. Et cela justifie la solidarité avec les manifestants de Trappes. Mais en alimentant les réactions hostiles face aux explosions de colère comme en se représentant en super flic, adepte de la violence d’Etat, Valls fait aussi le lit du FN. D’où l’urgence de construire les mobilisations contre la politique du gouvernement ainsi qu’une opposition combative porteuse d’une vraie alternative politique… Le 23/07/2013

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