Le blog du NPA82

Fukushima, un an après

Un an après la catastrophe du Fukushima, une grande mobilisation a été organisée pour exiger l’abandon du nucléaire.


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Crédit Photo: Photothèque Rouge/Alice D

Dans l’histoire de l’énergie nucléaire, il y aura un avant et un après Fukushima. Après Tchernobyl, le lobby nucléaire occidental avait trouvé la parade : c’était le résultat de la gestion bureaucratique, incompétente et inefficace, propre au système soviétique. « Cela ne pourrait pas avoir lieu chez nous ». Que vaut cet argument aujourd’hui, quand le fleuron de l’industrie privée japonaise est concerné ? Depuis fin janvier, il ne reste plus que trois réacteurs nucléaires en fonctionnement au Japon, sans qu’aucune coupure de courant n’ait été enregistrée. Si ce modèle de quasi-sortie du nucléaire n’est pas souhaitable (sans parler des conséquences du tsunami) tant sa rapidité nécessite un recours massif aux énergies fossiles, il montre cependant que l’addiction au nucléaire dont font preuve certains pays, et en premier lieu la France, n’est pas irrémédiable. Cette situation illustre aussi le faux et dangereux dilemme dans lequel veulent nous placer les multinationales de l’énergie. Le recours massif aux énergies fossiles les plus « sales » (charbon, pétrole offshore, sables bitumineux, gaz de schiste) n’est pas la solution pour sortir du nucléaire, et on n’a pas à choisir entre une belle mort radioactive et une lente asphyxie par le réchauffement global.

Le nucléaire ne peut pas être sûr
Il y a un an, les médias ont mis en évidence l’irresponsabilité, l’impréparation et les mensonges de la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) – avec la complicité active des organismes de contrôle et des autorités locales et nationales – plus préoccupées de rentabilité que de sécurité. Ces faits sont indiscutables, mais à trop insister sur cet aspect, on risque de perdre de vue l’essentiel : l’insécurité est inhérente à l’énergie nucléaire. Le système nucléaire est fondamentalement insoutenable, les accidents sont statistiquement inévitables. Tôt ou tard, d’autres Tchernobyl et d’autres Fukushima auront lieu, provoqués par des erreurs humaines, des dysfonctionnements internes, des tremblements de terre, des accidents d’avion, des attentats ou des événements imprévisibles. Pour paraphraser Jean Jaurès, on pourrait dire que le nucléaire porte la catastrophe comme la nuée porte l’orage. On ne peut qu’être d’autant plus révoltés par la façon dont les principaux candidats à la présidentielle traitent cette question.

 

L’accord calamiteux entre Europe Écologie-Les Verts et le Parti socialiste avait mis en lumière les renoncements du parti vert, incapable de négocier un objectif, même vague, de sortie du nucléaire, et n’arrachant qu’une diminution de la part du nucléaire de 75 à 50 % en 2025. Dès lors, comment s’étonner que la campagne d’Eva Joly ne rencontre aucun écho ? Statu quo également du côté du PCF dont les positions rétrogrades paralysent l’expression du Front de Gauche. Quant à l’UMP, Sarkozy, Besson et consorts s’amusent à croire que le PS veut fermer de nombreuses centrales pour faire peur aux salariéEs de la filière. Double escroquerie en l’occurrence, vis-à-vis de la position du PS donc, et par rapport à la situation des salariés du nucléaire qui, comme les autres, connaissent précarité, sous-traitance, maladies professionnelles... Quant à la création d’emplois que permettrait une sortie du nucléaire, malgré les différents rapports sur la question, ni Hollande ni Sarkozy ne l’évoquent. Bien au contraire, c’est à nouveau une fuite en avant qui se profile avec l’allongement du fonctionnement des réacteurs à 40 ans, initialement prévus pour durer 30 ans.

21 réacteurs à fermer tout de suite
La question de la durée de vie des centrales est aujourd’hui primordiale, et notre exigence est la fermeture des réacteurs qui arrivent à 30 ans. Il y en a actuellement 21 qui fonctionnent et qui doivent être arrêtés immédiatement. 21 autres auront atteint cet âge en 2017. Ces revendications sont en parfaite cohérence avec le plan de sortie du nucléaire en dix ans proposé par le NPA, ainsi que l’arrêt de tous les projets électronucléaires en cours. Elles doivent être portées largement par les mouvements antinucléaires. La chaîne humaine organisée entre Lyon et Avignon le 11 mars est à ce titre une échéance à ne pas manquer. Il s’agit de rassembler des dizaines de milliers de personnes dans la région la plus nucléarisée de France. Mais cette seule journée de mobilisation, un an après la catastrophe japonaise, ne suffira pas à faire plier le lobby nucléaire, et il nous faut déjà envisager la suite des actions, qu’il s’agisse de chaînes humaines, manifestations, blocage des trains de déchets... Tous et toutes ensemble, bloquons le nucléaire pour en sortir.

 

Michaël Lowy, Vincent Gay

Lundi 12 mars 2012

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