Le blog du NPA82

Manifestes de "Democracia real ya" et de "La Puerta del SOL"

 

 

 

Traduction du manifeste du collectif espagnol Democracia Real Ya, à l’origine des mobilisations du 15 mai qui se sont transformées en un gros mouvement de contestation et d’occupation.

Notes pré­li­mi­nai­res :

  • le but de la traduction de ce manifeste est de documenter ce mouvement dont on parle peu dans les médias alternatifs francophones ;
  • la traduction est approximative et perfectible, n’hésitez pas à laisser en compléments d’informations de meilleures formulations ;
  • le texte, ainsi que l’a signalé le traducteur qui l’a fait passé (merci !), est « transversal et réformiste » mais il a eu le mérite de « rassembler beaucoup de sensibilités, un peu à la façon (mais avec un discours très »péninsulaire« ) des revolté-es arabes ou du Wisconsin ».
  • il existe d’autres textes de réflexion sur ce mouvement, parfois très critiques de ce collectif Democracia Real Ya, ils peuvent être trouvés sur http://www.csocasablanca.org/REFLEX....

Manifeste de « Democracia Real Ya ! »

Nous sommes des per­son­nes cou­ran­tes et ordi­nai­res. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont famille et amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.

Parmi nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout. Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs, ban­quiers, ... . Par le manque de défense des hommes et femmes de la rue.

Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ; mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre tous une société meilleure. Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions sui­van­tes :

  • L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.
  • des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation, au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.
  • Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle pour le progrès de l’humanité.
  • La démocratie part du peuple, par conséquent le gouvernement doit appartenir au peuple. Cependant, dans ce pays, la plupart de la classe politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter nos voix aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens grâce à des voies directes de démocratie et aussi, procurant le plus de bienfait possible à la majorité de la société, et pas celle de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par les sigles inamovibles du PPSOE [1].

  • La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns crée inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même, enrichissant une minor

    ité et le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au malaise.
  • La volonté et le but du système est l’accumulation d’argent, tout en la plaçant au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs malheureux.
  • Nous, citoyens, faisons parti de l’engrenage d’u

    ne machine destinée à enrichir cette minorité qui ne connait même pas nos besoins. Nous sommes anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons bouger le monde.
  • Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une abstraite rentabilité économique qui ne tourne jamais à notre avantage, nous pourrons effacer les abus et les manques que nous endurons tous. Nous avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de l’Etre Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.

A la vue de cela, je suis indi­gné/e

Je crois que je peux le chan­ger.

Je crois que je peux aider.

Je sais que, tous ensem­ble, on le peut.

Sors avec nous. C’est ton droit.

 

2) La traduction en français du "Manifeste de La Puerta del Sol" rédigé à l' aube du 18 mai (traduit par Francis Pallares)


Manifeste de la Puerta del Sol

Les jeunes de l’action de protestation se sont mis d’accord sur ce qui suit :

Points d’accord du manifeste pluriel rédigé à l’aube du 18 mai à la Puerta del Sol.

Nous, réunis à la Puerta del Sol, conscients qu’il s’agit d’une action de résistance qui se met en marche, avons décidé de publier le manifeste suivant :

1.  Après de nombreuses années d’apathie, nous, citoyens de tous âges et de toutes origines sociales (étudiants, professeurs, bibliothécaires, chômeurs, travailleurs…),  disons que NOUS EN AVONS RAS- LE-BOL du manque de représentation et des trahisons que l’on nous sert  au nom de la démocratie,  nous sommes  rassemblés à la Puerta del Sol, autour de l’idée de  Démocratie Réelle.

2.   La Démocratie Réelle s’oppose au discrédit croissant des institutions qui disent nous représenter, et qui   sont devenues de simples agents d’administration et de gestion, au service des forces du pouvoir financier international.

3.   La démocratie que nous vantent des appareils bureaucratiques corrompus n’est tout simplement qu’un ensemble de pratiques électorales sans effet, où la participation  des citoyens est absolument nulle.

4.  Le discrédit de la politique est tel qu’il a entraîné une prise en otage de la parole par ceux qui détiennent le pouvoir. Nous devons récupérer la parole, lui redonner un sens pour qu’elle cesse d’être manipulée par une langue dont le seul but est de laisser sans défense les citoyens et de les empêcher d’engager une action coordonnée.

5. Cependant les exemples de manipulation et de prise en otage de la parole sont infinis et constituent un outil de contrôle et de désinformation.

6.   Démocratie Réelle cela signifie mettre des noms propres sur les infamies que nous vivons : Fond Monétaire International, Parti Populaire, PSOE, Banque Centrale Européenne, OTAN, Union Européenne, agences de notation  telles que Mooy’s et Standard and Poor’s, mais il y a en a bien davantage et notre devoir est de les nommer.  

7.  Il faut construire un discours politique capable de redonner un sens au  tissu social, systématiquement mis à mal par des années de dépolitisation. Les citoyens ont perdu tout respect envers les partis politiques majoritaires, mais cela ne signifie pas que nous ayons perdu notre sens critique. Bien au contraire, nous ne craignons pas la POLITIQUE. Chercher des alternatives de participation citoyenne c’est de la POLITIQUE.

8.  Une de nos prémisses principales est une Réforme de la Loi électorale qui rende à la Démocratie son sens véritable : un gouvernment des citoyens. Une démocratie participative.

9. Nous tenons à souligner que les citoyens rassemblés ici constituent un mouvement TRANSGENERATIONNEL, parce qu’ils  appartiennent à plusieurs générations condamnées à une perte intolérable de participation aux décisions politiques  constitutives de  leur vie quotidienne et de  leur futur.

10.   Nous n’appelons pas à l’abstention, nous exigeons que notre vote ait une influence réelle sur notre vie.

11.  Aujourd’hui nous ne sommes pas ici simplement pour obtenir des prêts ou pour protester en raison  des carences du marché du travail. C’EST UN EVENEMENT SANS PRECEDENT. Et en tant que tel,  il s’agit d’un évènement marquant  qui est capable de donner un sens nouveau à nos actions et à nos discours. Ceci naît de la RAGE. Mais notre RAGE est imagination, force et pouvoir citoyen.

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